Militant

 

Un soir vraiment sans savoir pourquoi, je me suis rendu à un meeting politique. Un type lançait sa campagne, pour les municipales. Franchement, j’avais pas mal bu. Il faisait chaud et au milieu de la foule, j’ai commencé à mal me sentir. Je suis allé dans un coin et j’ai vomi.

Quand j’ai retrouvé mes esprits, je me suis rendu compte que ceux que je croisais ne correspondaient pas du tout à ce que je m’attendais, même si à dire vrai je ne m’attendais pas à grand chose en allant à mon premier meeting. Il y avait en tout cas une écrasante majorité de pouffiasses — ça m’étonnait je dois dire, car assez naïvement, j’avais toujours cru que la politique était une affaire d’encravatés, limite blaireaux. Je précise à toute fin utile que j’étais à un meeting classé à gauche, écologie, plutôt européen — ces choses là doivent jouer, probablement.

Le type en question a fini par se ramener. À vrai dire, il n’était pas très connu. On parlait un peu de lui sur Wikipedia, mais c’était pas non plus une « bête politique » (Paris Match l’ignorait par exemple). En gros c’était un candidat moyen, et pour la mairie de Paris, il avait toutes ses chances. Comme orateur, le type était d’ailleurs assez bon, c’est-à-dire que sa diction était correcte. Son discours n’était pas dur à suivre : il y avait des méchants (« les lobbies », « les voitures autonomes », « l’algorithmie »), et puis des solutions : « le vélo », la « marche à pied ». C’était grosso modo assez moyen, pas nul non plus ; non juste moyen. Enfin ça ne changeait guère de ce qu’on trouve en France — y a qu’à voir nos putes, c’est pas la même qualité que les Surinamaises, quoi.

Finalement, peu avant vingt-deux heures, j’en pouvais plus ; vraiment, je crevais la dalle. Je me suis senti con de ne pas avoir pris ma voiture, une vieille Mitsubishi (diesel ; Crit’Air 4), je serais bien descendu sur Rambouillet me faire des plats en sauces et des bouts de viande qu’on ne trouve plus dans l’intra-muros  (langue, abat, cervelle). C’est sûrement un cliché un peu surfait, mais au fond c’est pour ça que je descend à Rambouillet ; pour bouffer des trucs authentiques, si possible hardcore – je n’en peux simplement plus de la salade césar.

 

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